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La PIF - informations complémentaires
Jusqu' il y a quelques mois encore, on pensait que les coronavirus responsables de la PIF chez le chat étaient des virus différents des corona responsables de diarrhées bénignes (appelés corona entériques, car logés dans les intestins), qu'ils étaient juste "cousins éloignés".
Mais il semblerait que les choses soient un peu plus compliquées que cela.
En effet, des scientifiques ont découvert que les corona de la PIF seraient en fait des corona entériques mutés !
Cela signifie plusieurs choses, et notamment qu'il faut changer le regard sur cette maladie et son risque de contagion que nous avions sur elle depuis le début. 
Qui est quoi ?
Les corona entériques sont présents presque "physiologiquement" chez les chats, puisque quasiment tous ont eu la diarrhée étant chatons, et qu'ils gardent ces virus dans leurs boyaux, s'en accommodant plus ou moins, avec parfois des épisodes de diarrhées, passant souvent inaperçues, et guérissant d'elles-même, grâce à l'immunité de l'animal.
Qui dit virus, dit grande multiplication continuelle (la durée de vie des virus étant courte, les générations de virus se succèdent rapidement, afin d'assurer la survie "de l'espèce virale").
Et qui dit multiplication en grand nombre, dit aussi risque de mutation élevé.
La conséquence de ces mutations peut être qu'un nouveau type de virus (virus B, "frère" du premier virus A) peut voir le jour, entraînant une nouvelle génération de ce nouveau virus, et qu'il peut être responsable d'une maladie différente de la première.
En résumé :
Le virus A est responsable de la maladie A (virus entériques provoquant les diarrhées bénignes),
et le virus B - issu de la mutation du virus A - est responsable de la maladie B (virus de la PIF provoquant la PIF).
Qu'est-ce qui provoque cette mutation ?
  • On ne le sait pas encore, mais il semble que plusieurs facteurs interviendraient.
    - Plus il y a de multiplication de corona entériques, plus il y a de risque de mutation.
    NB : Mais contre cela, on ne peut rien faire.
  • Les facteurs individuels : certains chats ne vont jamais développer de virus de la PIF à partir de leurs corona entériques, alors que d'autres oui. Des facteurs tels le stress, la génétique, l'immunité de chaque individu,… interviennent certainement, plus ou moins favorablement.
    NB : contre cela aussi, on ne peut rien faire !
Qu'est-ce que cela signifie, sur le plan pratique ?
Cela veut tout simplement dire que :
chaque chat a potentiellement le virus de la PIF en lui, tout simplement parce qu'il a des corona entériques en lui (futur corona de la PIF si la mutation intervient).
Certains auront la chance de ne pas développer la mutation virale, d'autres non, et contre cela, on ne peut rien faire. De plus, il semblerait que la maladie se développe rapidement après la mutation (donc les virus mutés vont rapidement enclencher le processus provoquant la maladie).
Qu'en est-il de la contagion ?
Les virus de la PIF (les corona mutés) sont toujours très contagieux, soit de chat à chat, soit de façon indirecte. En effet, la possibilité de transmission par des vecteurs indirects est toujours vraie.
Autrement dit, les virus de la PIF peuvent être sur les mains, sur les vêtements, les bas de pantalons, les chaussures,… avant de se transmettre aux chats. D'où l'intérêt de conserver une hygiène draconienne, surtout quand on vient de l'extérieur, et d'éviter les contacts "inter-chats étrangers" s'ils ne sont pas pleinement justifiés.
Mais, au vu de ce qui a été dit précédemment, cela n'empêchera quand même pas de voir apparaître la maladie chez l'un de vos chats si ce félin a vu sa propre population virale entérique muter.
Et la contagion au sein même de l'élevage ?
Comme dit avant également, malgré la contagion possible des virus de la PIF, les facteurs individuels entrent en ligne de compte dans ce processus.
De fait, cela corrobore les constatations régulièrement faites : il y a rarement un élevage entièrement décimé par la PIF (malgré la contagion), alors qu'un ou deux chats ont quand même été malades au sein de celui-ci. Tout au plus une poignée d'individus mourront, mais pas tout l'élevage.
Et les tests, alors ?
a) Les 2 virus, même s'ils sont très apparentés, sont différents sur certains points, et notamment sur leurs antigènes : ils sont antigéniquement différents.
Cela veut dire que la seule façon de les identifier serait un test antigénique. Malheureusement, à l'heure actuelle, ce test n'existe pas encore, car les recherches s'appliquent pour l'instant à déterminer ces antigènes (il faut d'abord les connaître pour pouvoir ensuite les REconnaître, et donc mettre le test au point).
b) Qu'en est-il alors des tests actuels ? Ils identifient seulement les virus comme étant des corona ou non, mais ils ne précisent pas si ce sont des corona entériques ou des corona de PIF (donc ils ne font pas la différence entre le virus A et le B, muté). Ce qui veut dire que ces tests ne font pas véritablement avancer le "schmilblick".
D'ailleurs, on les recommande uniquement pour confirmer un diagnostic de PIF, quand les symptômes sont déjà bien présents.
Pour les autres cas (préventif, statut de l'élevage,…), ils sont NON-interprétables par rapport au risque ou non de la maladie (donc injustifié).
c) Et le test de la PCR ? Une théorie voudrait que les corona entériques soient normalement dans les instestins, et les corona de la PIF seraient dans le sang. Sur cette hypothèse, certains laboratoires ont développé une technique pour savoir s'il y a du corona dans le sang (ce qui, d'après la théorie, serait alors des corona de la PIF, puisque c'est leur "localisation préférentielle"). Mais il semblerait que cette conclusion est un peu "hâtive" et qu'elle ne permet pas d'être sûr à 100 % que c'est bien des corona de PIF, même s'ils sont retrouvés dans le sang.
La meilleure méthode est donc bien celle du futur test de détermination antigénique (point a).
Et le vaccin ?
Le vaccin qui protègera réellement nos chats de la péritonite sera découvert le jour où l'on découvrira les antigènes des corona de la PIF (voir le paragraphe précédent, à propos des tests).
En effet, quand les antigènes de ces corona spécifiques mutés seront identifiés, le test sera directement mis au point, et l'on pourra directement procéder à l'élaboration du vaccin ciblé.
Avant cette étape, tout vaccin est peu efficace (sauf si, entretemps, on aura découvert le "vaccin anti-tous les corona en général" ; alors là, évidemment, s'il n'y a plus de corona entériques, il n'y aura plus de corona de PIF non plus).
Pour l'heure donc, pas de vaccin véritablement efficace contre la PIF jusqu'à maintenant.
En conclusion :
Si tout cela vous a paru confus, sachez que la recherche continue à travailler sur cette maladie, et que nos connaissances progressent chaque jour.
Pour essayer d'être encore plus claire sur un sujet qui est quand même particulièrement pointu (et tel est le cas de la virologie !), voici une série de questions/réponses les plus fréquentes, qui répondront peut-être précisément à des points qui vous semblent encore obscurs.
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